HOMMAGE A BOUDJEMAA EL ANKIS

                                      UNE LEGENDE VIVANTE   DU CHAABI

Sous les auspices du ministère de la Culture et en collaboration avec l’Office Riadh El Feth, un Jubilé spécial  sera organisé, demain, 5 janvier 2012, à 19h, à la salle Ibn Zeydoun, à Alger et ce, en l’honneur et surtout hommage au grand maître de musique chaâbi,  Cheikh Boudjemaâ El ankis. Un maître, une légende vivante, un doyen, une gloire nationale. Du haut de ses 85 ans, un monument contemplant une carrière de… 70 ans ! Boudjemâa Mohammed, né le 17 Juin 1927 à la Casbah d’Alger au sein d’une famille originaire d’Azeffoun, est un auteur, compositeur et interprète algérien.

Le grand maître du chaâbi, Boujemaâ El Ankis

Il obtient son certificat d’études primaires en 1939 et commence à travailler chez son oncle, propriétaire d’une crémerie, avant de rejoindre Sid Ahmed Serri, au greffe de la cour d’Alger. De 1939 à 1945, Mohamed Boudjemaâ qui rêve déjà de devenir El Ankis (diminutif d’El Anka) qui était d’ailleurs originaire d’un village voisin de celui du jeune chanteur. Il s’essaie à la mandoline puis à la guitare, tout en écoutant et en enregistrant les grands maîtres.

Mais il a fallu attendre 1957 pour qu’il s’initie à l’arabe aidé par un oncle paternel. Grâce aux leçons de Chouiter et de Mohamed Kébaili, dont la troupe travaillait sous l’égide du PPA à la fin des années 30, il fera la connaissance d’artistes tels que cheikh Saïd El Meddah, aussi prestigieux à l’époque que Mustapha Nador. En 1942, l’apprenti qu’il était exécutera, pour la première fois en public, à l’occasion d’un mariage, Ala Rssoul El Hadi Sali Ya Achiq, un poème classique du genre.

Dans une troupe créée en 1945, Boudjemâa évolue entre El Anka et Mrizek, les deux monstres sacrés de l’époque. Il débute avec un répertoire de medh comprenant essentiellement les quacidate, Chouf li Ouyoubek ya Rassi, Ya Ighafel, Ya Khalek lachia, Zaoubnafi H’inak et El Bar, de différents poètes du genre.

Toutefois, une part importante du répertoire d’El‑Ankis lui fut transmise au debut de la Seconde Guerre mondiale par Cheikh Said El Meddah. Grisé par le succès, il se met à faire un travail personnel d’arrangement musical et, au milieu des années 50, il se lance dans la chansonnette, expérience qui tourna court du fait que la maison Phillips dont le directeur artistique était Boualem Titiche, lui refuse ses œuvres. Découragé, il décide de ne plus chanter, casse son mandole et s’engage comme gardien d’un HLM.

C’est aussi la guerre de libération qui commence. Il ne fut pas épargné parce qu’il sera arrêté et torturé, à deux reprises par les services spécialisés de l’armée coloniale, en 1957 et en 1960. Sa sortie de prison coïncide avec une reprise avec l’art. Djana El Intissar dont il est l’auteur des paroles et de la musique évoquant les manifestations du 11 décembre 1961 est un hymne à l’indépendance. Pour cibler la jeunesse algérienne, Boudjemâa El Ankis fait appel à Mahboub Bati et dès 1963, la « guerre » éclate: au lieu et place du chaâbi de quartier, Mahboub BATI mettra au devant de la scène Boudjemaâ El ANKIS par de nouvelles chansons écrites dans la langue algérienne. Le marché et les ondes sont bombardés d’une soixantaine de tubes à succès dans la veine des Tchaourou ‘Alia, Rah El Ghali Rah, Ah ya intiyya. Le secret de la réussite: l’utilisation de la langue populaire algérienne, de nouvelles compositions musicales et du rythme.

Le créneau sera exploité par des chanteurs plus jeunes tels que Amar Ezzahi, El Hachemi Guerouabi, Hassen Saïd et Amar El Achab. Boudjemaâ El Ankis n’a pas beaucoup brillé dans l’interprétation des qacidates et il n’était devenu célèbre que grâce à Mahboub Bati Après une éclipse de quelques années, El Ankis est revenu sur la scène artistique avec les reprises des Chansons de Mohamed El Badji

3 réflexions au sujet de « HOMMAGE A BOUDJEMAA EL ANKIS »

  1. je voudrez remercier le responsable de cette organisation d avoir penser au masteroe de chaabi et moudjahid cheikh el hadj mohamed boudjemaa el ankis .
    non déclaret a salombier 54/62 oui il a jouer un role durant la guerre d algerie d ailleur meme des militaire francais on trouvez un pistoler cacher dans un tirroire de son bureau il a etais arreter et torturer .
    me demande aussi pourquoi ces deux chansonette de l independance d algerie on les passe pas a la tv ainsi que la radio (( rahmatou ellah ane men matte moute el gdeur…et etiar choudjae ( introuvable mais krimo de taboudoucht sis a alger) la trouvez sur un enregistrement.

  2. Heureux qui comme Boudjemaa El Ankis et Mohamed Lamari ont su résister aux sirenes de l’étranger et sont restés prophetes dans leur pays.

    A travers ces deux figures majeures de la chanson algérienne, je voudrais poser la question brulante de la fuite des cerveaux de notre pays.

    En effet, à cause du terrorisme, qui a détruit notre pays notamment depuis 1992 et de la politique du mépris et du sabotage des compétences algériennes marginalisées par les médiocres qui dirigent notre pays, qui est mal gouverné malgré les ressources financières et naturelles considérables dont il dispose, des dizaines de milliers de cadres supérieurs et moyens experimentés avaient fui l’Algérie vers d’autres cieux ou ils étaient plus ou moins bien accueillis.

    Le Canada et notamment le Quebec, la France, la Grande Bretagne et des pays arabes du Golfe avaient profité de cette saignée, sans avoir dépensé un sou pour la formation de ces cadres, formés à grands frais par l’Etat algérien dans les meilleures universités du monde et en Algérie lorsque l’école et l’université algérienne n’étaient pas encore sinistrées.

    Des démarches spontanées comme celle, qui a été entreprise par le Secrétaire d’Etat a la communauté nationale à l’étranger, qui a sillonné l’Europe et l’Amérique pour essayer, en vain, de convaincre ces cadres de retourner au pays sans développer des arguments valables, montrent toute la « naiveté » du gouvernement algérien accusé à juste titre de favoriser la médiocrité et l’incompétence pour pouvoir dominer la societé algerienne en proie à de nombreux maux et fléaux sociaux, dont la corruption généralisée, le nepotisme et le régionalisme, qui chassent toutes les bonnes volontés et découragent les binationaux qui seraient tentés de venir travailler en Algérie en raison des difficultés politiques, économiques, sociales et culturelles qu’ils rencontrent dans les différents pays d’accueil.

    La solution à ce problème crucial est connue, c’est une volonté politique sincère de faire appel à ces compétences, qui ont montré leur entiere disponibilité à travailler en Algérie.

    La crise qui sévit actuellement dans la plupart des pays occidentaux devrait être mise à profit pour attirer par milliers ces compétences et agir pendant un certain temps, dans tous les secteurs, comme Saadane l’a fait avec l’Equipe Nationale de foot ball .

    Le résultat n’était pas mauvais. NON ?

  3. Enfin, il était grand temps de rendre les hommages dument mérités aux hommes et femmes qui ont permis à la politique, à la diplomatie, à la culture et à la science algériennes de rayonner à l’intérieur et à l’exterieur du pays.

    Oh combien de géants algériens sont partis dans l’anonymat absolu à cause de la haine que leur vouent des nains autoproclamés dirigeants de notre pays depuis 1962.

    Je ne ciiterai que Malek Haddad, Mustapha Kateb, Kateb Yacine, Moufdhi Zakaria, Ferhat Abbés, Malek Bennabi, Mohammed Dib, Mohamed Arkoun, Cheikha Rimiti etc, etc…

    La reconnaissance à ceux et celles qui se sont sacrifiés pour notre pays est un devoir pour la nation algérienne, qui doit l’imposer à tous les ingrats et jaloux, qui sont tentés de l’occulter.

    Longue vie au doyen du chaabi algérien.

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