Transit et transitions à Amman

Transit Cities  de Mohammed Hushki (Villes Transit) est une bonne toile de Jordanie. La preuve ! Elle a séduit les cinéphiles, jeudi soir. Et ce, à l’occasion des Journées du film jordanien à  Alger, se tenant les 12, 13 et 14 janvier 2012

Affiche du film « Transit Cities » de Mohammed Hushki

La preuve patente du succès et de surcroît d’estime de  Transit Cities, c’est qu’il a été encensé par la critique et les professionnels. Ce film  a été le récipiendaire du Prix spécial du jury et de celui de l’Association internationale des critiques de cinéma du Festival de Dubaï( 2010). Ainsi que l’award (récompense) de la première œuvre décerné par le Festival du dialogue des cultures cinématographiques de New York. Le pitch ? Après 14 ans d’absence, Leïla,  divorcée, 36 ans, vivant aux Etats-Unis, revient en son pays, la Jordanie. Elle découvre que sa famille, Amman, les gens, la société ont complètement changé. Aussi, est-elle emportée dans maelstrom de contraintes, contradictions et autres « contrariétés ». Elle qui avait une image d’Epinal de sa nostalgique Jordanie où régnait la tolérance.

« Etat »… de chocs

Le jeune réalisateur, Mohammed Hushki, pour un début filmique, ficèle bien son long métrage. De par une trame crédible, réelle, réaliste et  voire courageuse. Car il brise les tabous, exhibe l’antinomie de la société arabe, dévoile et nomme, par des séquences poignantes et surréalistes l’ineptie. A l’image de la séquence du banquier islamiste  demandant à Leïla (arborant un tailleur pour un rendez-vous professionnel)  de couvrir ses jambes. Car cela est indécent et  contraire à la religion. Ou bien celle où son propriétaire surgit chez-elle (se croyant chez-lui) pour l’agresser et l’expulser pour avoir reçu son ami et avoir consommé du vin. Bref, «  la police » de Dieu et frère orwélien (Big brother is watching you, le grand frère te surveille). Un film digeste et éloquent. Une belle leçon de tolérance à méditer. Le court métrage  Bahya et Mahmoud de Zaid Abu Hamdan, projeté en ouverture, est œuvre emplie de poésie et d’humanisme. Cependant, la projection du film  Transit Cities a été émaillée par un comportement, jurant avec la cinéphilie, de certains spectateurs ne respectant guère le cinéma. Bavardages, conversations au téléphone, commentaires, rires et même applaudissements en plein film. No Comment !

L'actrice jordanienne Saba Mubarak

 

 

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